Les feuilles d’arbres bruissent dans le vent. Un grand silence s’installe entre les deux enfants. Kiriam prend une grande bouffée d’air et admire les couleurs et la nature autour de lui.
-Nous devrions retourner au village, déclara Io, il commence à faire nuit, et toutes les conditions sont favorables pour observer la Terre!
En effet, le ciel était dégagé et Zabria, leur bien-aimée planète, était en quasi-parfaite lignée avec la Terre. En prenant le chemin du retour, les deux amis reprirent en plein régime la conversation qu’ils avaient commencée.
-Crois tu vraiment que le grand mage a trouvé une forme de vie sur cette planète, ou crois tu plutôt que c’est une histoire à dormir debout? interrogea Io, incertaine. Je crois en certains de ses pouvoirs et je le respecte beaucoup, mais je suis très désarçonnée par ce qu’il raconte. Je veux dire, détecter une présence intelligente sur une autre planète en permettant à son âme de se séparer de son corps et de sonder la galaxie est scientifiquement impossible.
-Nous verrons bien ce soir, je suis sûr que les satellites de nos ingénieurs seront assez puissants pour détecter les différentes formes de vie sur la planète Terre, s’il y en a, bien sûr, affirma Kiriam. Peut-être même qu’on pourra établir une connexion avec les Terriens! Mais je suis très sceptique également, même si tout ce qu’a affirmé mon père en sortant de ses transes jusqu’à maintenant c’est réalisé.
Revenant finalement au village, juste à temps pour installer leurs télescopes, les deux jeunes amis se dirigèrent vers un des hauts-parleurs installé par les ingénieurs pour écouter le début du résumé de ce que les astronomes pouvaient voir sur l’écran des satellites.
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-Les satellites sont assez proches de destination, dit Ganymède, concentrée et suivant des yeux le schéma du trajet qu’ils effectuent. Nous pourrons commencer notre analyse dans approximativement trente-cinq minutes. Assurez vous de mettre en place les antennes de communication, même si je doute vraiment qu’on en aura besoin. Callisto, occupe toi tout de suite de transmettre les informations requises jusqu’à maintenant à la population. Les autres, au travail, ça va être une longue nuit!
Obéissant aux ordres, j’actionne le transmetteur de messages et résume les phénomènes observés jusqu’à présent par les satellites à la population.
-Bonjour, je m’appelle Callisto et je vous transmettrai les informations obtenues sur la planète Terre jusqu’à maintenant. Les phénomènes observés changeront probablement au fur et à mesure que nos machines se rapprocheront de la planète. Pour le moment, les satellites sont à mi-chemin entre Mars et Jupiter et seront assez près de la Terre dans trente minutes pour visualiser toute forme de vie détectable.
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Le grand mage s’étendit sur son tapis de transes, celui sur lequel il avait vu d’autres formes de vie mystérieuses dans la galaxie voisine de la sienne. Le sorcier avait eu cette transe il y a quatre ou cinq ans de cela, pendant qu’il expérimentait encore certains de ses pouvoirs. En effet, les mages découvraient leur magie qu’à l’âge adulte, et ces sorciers apprenaient comment utiliser leurs pouvoirs au fur et à mesure qu’ils gagnaient de la sagesse. Il n’y en avait qu’un seul chaque deux générations, et c’était pourquoi il consistait un grand honneur d’en être un.
Le grand mage, pourtant, dans l’immédiat, était très inquiet par l’opération des ingénieurs, pour la population et pour l’avenir de Zabria. Parce qu’il avait eu une vision il y a vingt minutes. Elle lui montrait une femme en train de pleurer, deux enfants qui hurlaient de toute la force de leurs poumons et un homme en train de renverser sa chaise. Tout cela allait arriver bientôt, et il avait peur que ce soit à cause de lui et des Terriens.
Mais il était aussi inquiet parce que la vision qu’il avait eu il y a une demie-décennie était la plus floue et la moins claire de toutes les visions que le sorcier avait expérimenté, et elle lui était encore mystérieuse, malgré toutes ses recherches et ses nouvelles tentatives de la comprendre pendant cinq longues années.
En fait, ce n’était pas vraiment une vision, ni même une transe. Ce qui c’était passé, en réalité, ne s’était jamais produit dans toute l’histoire des mages. Il avait réussi à détacher son âme de son corps. Le grand sorcier avait vu son propre corps, assis sur le tapis, au milieu de sa petite cabane de bois, immobile. Il avait vu son village, grouillant de vie et d’action, de loin, perché dans un nuage dans le ciel. Le père de Kiriam réalisa alors qu’il volait, ou du moins en quelque sorte, et qu’il était complètement invisible. Soudain, le mage avait été poussé violemment vers une plus haute altitude, comme si un géant le tenait dans sa main et le soulevait dans les airs. Bientôt, l’homme, perdu, avait été propulsé hors de l’atmosphère de Zabria, et son ascension continuait, le traînant de plus en plus loin de sa planète, de sa maison et de sa petite cabane en bois. Sous peu, le magicien réalisa qu’il était rendu dans les confins de l’univers, perdu et tout seul. Surprenamment, le grand mage pouvait encore respirer, et il n’avait pas froid.
-Pourtant, pensa-t-il, je devrais déjà être mort à l’heure qu’il est!
Le grand mage ne ressentait rien, n’entendait rien et ne voyait rien à part la lumière éblouissante des étoiles et constellations déformées par l’angle d’où le sorcier était situé. Ainsi dépourvu de son sens d’orientation, le sorcier chercha avec l’énergie du désespoir une image familière qui pourrait l’aider à se situer. Pendant que le magicien essayait de retrouver sa planète parmi tous les systèmes solaires en vue, le sage fut une seconde fois projeté vers les confins de l’univers, si violemment cette fois que le mage aux mille savoirs ferma ses paupières. Quand le sorcier rouvrit de nouveau les yeux, le sage vit pour la première fois de son voyage une vue familière que le mage avait examinée maintes fois avec les ingénieurs de son village. Celle de la galaxie voisine à la nôtre, la Voie Lactée.
Le père de Kiriam vit alors qu’il se dirigeait vers une des branches de la spirale plus à gauche de la galaxie. Soudain, le sorcier se fit téléporter vers un système solaire en particulier de la branche, puis vers une planète qu’il ne connaissait pas. Elle était bleue et verte, mais aussi d’un jaune-blanc lumineux, de noir et de gris. Le mage ne le savait pas, mais les trois dernières couleurs étaient causées par la pollution, un concept encore inconnu de la planète Zabria. Le sorcier se rapprocha encore, et cette fois il vit un village comme le sien, grouillant de vie et d’action, mais peuplé de créatures comme le sage n’en avait jamais vu. Elles ressemblaient à son espèce, mais elles étaient plus grandes, avec des traits de visages plus distincts et des expressions faciales plus complexes. Soudain, le sorcier souhaita de rentrer chez lui. Le magicien ne l’avait jamais souhaité aussi ardemment de sa vie. Il était sur une planète inconnue appelée Terre avec des êtres mystérieux, peut-être hostiles, peut-être amicaux, à des milliards d’années lumières de chez lui. Le grand mage avait alors fermé à nouveau les yeux, et quand il les rouvrit, le sage était de nouveau dans sa petite cabane de bois.
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Les autres ingénieurs courent pour aller de machine en machine, d’écran en écran et de station de communication en station de communication. On aurait dit des boulmas, ou ce que les Terriens auraient appelé des fourmis. Quant à Titan, il regarde par la fenêtre, où il peut voir deux enfants avidement accrochés à leur télescopes qui tendent l’oreille pour entendre tout ce que disent les hauts-parleurs qui projettent la voix de Callisto, le transmetteur d’informations. L’ingénieur regarde aussi du coin de l’œil le grand mage, qui vient de s’asseoir dans un recoin de la pièce. Bien sûr, le jeune homme n’a pas le droit de perdre du temps à regarder tout le monde dans une opération aussi importante que celle-ci, donc il se remet au travail.
Les satellites ont détecté de l’oxygène dans l’atmosphère et analysent une probabilité de quatre-vingt-dix-neuf pourcent qu’il y ait de l’eau, et donc de la vie, sur cette planète inconnue. Les ingénieurs observent aussi d’autres satellites de communication similaires à ceux qu’ils ont envoyés dans la Thermosphère de la Terre. Il sera donc probablement possible au Zabriens de communiquer avec les Terriens. Ce serait l’avancée historique la plus importante de toute l’histoire.
Mais, pourtant, même si toutes ces découvertes seront dans tous les futurs livres d’histoire et que le mage avait raison, ce qui sauvait sa réputation, le chaman était inquiet. Inquiet que les Terriens soient hostiles et non amicaux, et qu’ils déclarent la guerre aux Zabriens. Le sorcier avait peur que la vision où il avait vu une femme pleurer, deux enfants hurler et un homme renverser sa chaise se réalise à cause d’un évènement qui allait prochainement arriver, pour le bien ou pour le mal de sa bien-aimée planète.
Titan regarda son écran, aussi abasourdi que n’importe qui l’aurait été en lisant ce qui était apparu sur son écran. Cria à Ganymède d’approcher, et lui lu le message:
-« Un message a été reçu en provenance de la planète Terre. Transmission du message en cours. » ! Ganymède, on a réussi! Les Terriens ont pris contact avec nos satellites!
Tout le monde dans la salle, à part Callisto, qui transmettait ce qui venait d’arriver à la population, arrêta ce qu’il ou elle était en train de faire. Oui, ils avaient reçu un message, mais il restait à savoir si les Terriens parlaient la même langue qu’eux et s’ils avaient de bonnes intentions ou non.
La machine de télécommunication et le transmetteur de messages satellites étaient prêts. Impatients, les ingénieurs, inquiets et nerveux, s’installèrent autour des machines pour écouter le message. Callisto avait mis le transmetteur de messages au-dessus des machines de communication pour que le message provenant de la planète Terre soit retransmis en direct à la population. Le grand mage, qui possédait le pouvoir de compréhension universelle (ce qui voulait dire qu’il pouvait comprendre, s’il se concentrait bien, n’importe quelle langue ou code, quel qu’il soit), s’installa sur son tapis de transes et chassa toutes ses pensées pour se mettre dans un état d’esprit serein. Les ingénieurs écoutèrent alors le message, ne comprenant absolument pas ce qu’il voulait dire.
-« Ici les humains de la planète Terre. Venez-vous en paix? Comment avez-vous fait pour venir jusqu’ici? Pourquoi avez-vous choisi de venir à la planète Terre? D’où venez-vous? Qui êtes-vous? Pouvez-vous voyager à la vitesse de la lumière? Nous comprenez-vous? Quel est votre but? Est-ce que vous avez besoin de nous pour quelque chose? Est-ce que vous avez contact avec d’autres planètes ou formes de vie que la nôtre? Et est-ce que vous nous entendez? Nous ne voulons pas la guerre. Répondez-nous. »
Tout le monde dans la salle se tourna vers le sage. La population, regroupée autour des hauts-parleurs, attendaient de savoir la signification de toutes ses paroles incompréhensibles. Et le grand mage leur dit:
-Ils viennent en paix.
Tout ce qui se passa ensuite fut comme un rêve. Ganymède pleura de joie. Titan renversa sa chaise. Et Io et Kiriam hurlèrent de joie de toute la force de leurs poumons. Le chaman traduisit ensuite le message aux ingénieurs et Callisto le transmit à la population.
Le sage sorcier se dit que ce message était le premier pas vers une paix intergalactique.
Je m’appelle Zoé et je suis heureuse de faire partie du parascolaire de journalisme. J’espère que vous apprécierez mes articles!

