La précarité menstruelle, due à toutes sortes de raisons, est une situation qui afflige malheureusement plusieurs femmes et il est nécessaire d’en parler.
En moyenne, une femme utilisera entre 5000 et 15 000 tampons et serviettes sanitaires au cours de sa vie. Comment se fait-il qu’on puisse retrouver des condoms gratuitement un peu partout, dans des pharmacies, des cliniques ou encore des écoles, mais que des produits aussi élémentaires et essentiels à la vie des femmes que des produits hygiéniques ne soient pas aussi facilement accessibles ? Avec le nombre de femmes qui se retrouvent victimes de précarité menstruelle, je trouve que c’est un problème qui devrait être pris plus au sérieux. Mais, d’abord, qu’est-ce que la précarité menstruelle?
La précarité menstruelle est un problème lié à la difficulté d’avoir accès à des produits hygiéniques comme des tampons ou des serviettes sanitaires. Cela est dû principalement à la pauvreté, aux difficultés financières ou, tout simplement, de ne pas être dans la capacité de s’en procurer pour des raisons quelconques.
Selon une enquête menée en 2023 par Environics Research pour le compte de Femmes et Égalité de genre Canada, jusqu’à une femme sur quatre au Canada, soit environ 25% de la gente féminine canadienne, dit avoir vécu la précarité menstruelle à un moment ou à un autre ou dit être présentement dans cette situation. Un autre 27% dit également qu’il y a une possibilité qu’elles n’aient pas les moyens de se procurer ces articles dans les 12 prochains mois, surtout avec l’inflation qui n’arrange rien, et ce, depuis plusieurs années déjà.
Certaines femmes se tournent même parfois vers le vol. En France, un article raconte l’histoire d’une jeune fille laissée à elle-même par ses parents durant toute une fin de semaine, sans argent. Ses règles avaient commencé et elle était à court de tampons. Ne sachant plus quoi faire et ne trouvant pas de meilleure solution, elle se décide à aller en voler quelques-uns en magasin, mais se fait prendre par des agents de sécurité à la sortie. Ces derniers font intervenir la police, qui l’emmène ensuite au poste où elle reste en garde à vue toute la nuit. Tout ça pour une dizaine de tampons.
Si certaines d’entre nous doivent en venir à de tels recours pour quelque chose qu’elles ne peuvent même pas contrôler, pourquoi est-ce que les produits sanitaires ne sont-ils toujours pas universellement considérés comme des produits essentiels et simplement donnés et offerts à quiconque en aurait besoin ? De plus, améliorer l’accessibilité aux serviettes et tampons ne réduirait pas seulement de beaucoup les cas de précarité menstruelle, mais réduirait également le tabou, la gêne et le malaise entourant le sujet des règles et des menstruations qui ne sont pourtant qu’un élément normal de la vie d’une femme, donc qui est présentement vécu par une bonne portion de la population mondiale, et le sera pendant encore un long moment.
Nous devrions suivre l’exemple de l’Écosse qui, le 12 janvier 2021, devient officiellement le tout premier pays à assurer à toutes personnes avec des menstruations la possibilité de pouvoir obtenir n’importe quand les produits nécessaires, et ce, gratuitement. Sous le Period Products (Free Provision) (Scotland) Bill, une loi adoptée unanimement par les membres du parlement d’Écosse, il est affirmé que, non seulement, les produits sanitaires peuvent être obtenus sans frais en magasin, mais également que les écoles et lieux publiques sont dans l’obligation d’en fournir gratuitement dans les toilettes.
Malgré le fait qu’on n’en soit pas encore au même niveau que l’Écosse quant à cette problématique, différentes mesures ont déjà été prises au Canada pour contrer la précarité menstruelle comme la loi passée par le fédéral le 15 décembre 2022 obligeant les employeurs à mettre des produits sanitaires à la disposition des travailleurs et clients de l’établissement en question, ou encore le Projet pilote de Fonds d’équité menstruelle (FEM) sur lequel vous pouvez trouver plus d’informations ici: https://femmes-egalite-genres.canada.ca/fr/financement/fonds-equite-menstruelle.html. On peut voir que plusieurs font finalement l’effort de rendre la vie des femmes plus simple et de reconnaître plus sérieusement les problèmes auxquels elles font face.
Il ne nous reste plus qu’à attendre et espérer que le reste du monde suive le mouvement.
J’aime lire, écrire et en apprendre toujours plus sur le monde qui m’entoure. J’espère que vous pourrez en faire autant en suivant le journal L’Exemplaire!

Bravo Alexia, tu as profondément raison d’adresser de tels enjeux haut et fort! Qui plus est, il serait plus que temps que les produits offerts aux femmes soient sains et sans dangers pour leur corps. 🙏