Au Québec, si vous habitez à Montréal, Québec ou une autre ville importante, l’accès aux soins de santé est relativement facile. Plusieurs hôpitaux disposant d’unités de soins spécialisés (oncologie, cardiologie, orthopédie, neurologie, etc) sont accessibles relativement à proximité. Par contre, si vous habitez Lebel-sur-Quévillon, Matimekush, Havre-Saint-Pierre ou Umiujaq et que vous avez besoin d’ une de ces ressources de soins, vous devrez affronter un trajet de plusieurs heures de voiture ou d’avion afin de vous faire soigner. La distance n’est qu’un des nombreux obstacles vers la guérison. Aperçu d’une réalité loin de l’attention des grandes villes.
Le cas du Nunavik
Le Nunavik est le territoire situé au nord du 55e parallèle. Représentant un peu plus du tiers de la belle province, c’est une des terres ancestrales des Inuit. Disséminées aux quatre coins de ce désert de glace, les 14 communautés inuites sont accessibles uniquement par avion.
Des problèmes de santé
Globalement, les Inuit sont en moins bonne santé que le reste de la population. L’espérance de vie est de presque 10 ans inférieure comparé au reste du pays. Le taux de mortalité infantile est grandement plus élevé, c’est 7 fois plus que dans le reste du Québec. Le nombre de suicides est aussi drastiquement plus élevé, 30 fois plus chez les jeunes. Les maladies respiratoires frappent aussi plus ces communautés. 42% des enfants ont reçu des traitements pour ce type de problème. Selon l’«Atlas des peuples autochtones du Canada» du Canadian Geographic: «De nombreux problèmes de santé sont causés par les logements médiocres et bondés, le chômage, l’accès marginal aux services de santé, l’insécurité alimentaire et d’autres facteurs comportementaux et environnementaux.»
L’accès aux soins
Des cliniques de soins de base desservent la majorité d’entre elles. Puvirnituq et Kuujjuaq disposent d’hôpitaux pouvant fournir des soins un peu plus avancés. Les patient.e.s dont l’état nécessite des soins particuliers ou des chirurgies spécialisées sont transféré.e.s dans un des grands centres par avion. Le problème est que pour les cas où une intervention spécialisée est une question de vie ou de mort et où chaque instant compte, le délai de transport peut avoir des conséquences fatales. Le temps d’attente médian pour un transfert médical d’urgence entre un village de la baie d’Ungava et Kuujjuaq est de 3,5 heures. Tandis que le temps d’attente additionné au temps d’évacuation Kuujjuaq-Montréal est de 6 heures. Hélas, les conditions météorologiques défavorables empêchent fréquemment les avions de décoller. La pénurie de personnel est aussi un problème criant, entraînant des ruptures de services récurrents. La population déjà peu pourvue en soin de santé se retrouve encore plus laissée à elle-même faute de pouvoir se tourner vers un autre centre de santé. On peut citer en exemple un cas survenu en juillet 2016. Une femme de 43 ans atteinte de polyarthrite et d’une cardiomyopathie souffre de douleurs, d’une faiblesse généralisée et d’un rythme cardiaque très élevé. Elle se présente au dispensaire de Quaqtaq, mais le village ne compte aucune infirmière diplômée. En attendant que le médecin dépêché arrive, un autre donnera des indications par téléphone au personnel présent à la clinique. La femme décèdera peu après d’un arrêt cardiorespiratoire.
Un autre désavantage : les coûts collatéraux.
En effet, chaque hospitalisation ou suivi à Montréal entraîne des coûts et la perte de journées de travail. Pour des personnes qui ont besoin de suivis réguliers dans la métropole, chaque voyage les oblige à prendre plusieurs journées de congés maladie loin de leur famille. Les personnes qui sont hospitalisées ou qui se font opérer dans le Sud devront le faire seule ou avec un.e seul.e accompagnant.e. Des aides financières sont toutefois disponibles sous certaines clauses. Certains spécialistes viennent une fois par an offrir leurs services aux habitants du Nunavik tels que des ophtalmologistes ou des dentistes.
Le racisme systémique
Une enquête de la santé publique réalisée auprès des populations inuites du Nunavik en 2017 révèle que 42% des sondés disaient avoir subi de la discrimination durant l’année précédente. Le Collège des médecins presse le gouvernement du Québec de reconnaître la présence de racisme systémique dans le système de santé, ce qu’il refuse toujours de faire. Le Collège le met en garde contre des «approches colonialistes», ce qui provoque de la méfiance envers le système. Celui-ci tente quant à lui d’intégrer «une pensée autochtone» en essayant d’inclure les populations autochtones dans la réflexion.
En conclusion, les problèmes qui gangrènent le système de santé nunavikois semblent lointains et sans grandes répercussions. Pourtant, cette inégalité criante coûte régulièrement la vie à des Nunavikois.es.
https://www.cmq.org/en/news/soigner-au-nord-du-55e-parallele
Mon nom est Saraï et je suis en secondaire 3. J’aime lire, écrire et faire du sport. Je lis beaucoup et sur de nombreux sujets. Je suis plutôt curieuse et j’aime apprendre sur de nouvelles choses. J’espère que l’Exemplaire vous permettra de rester à la fine pointe de l’actualité.
